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Jonathan Léger Raymond, herboriste et thérapeute ayurvédique, nous parle de ce qu’est l’Ayurveda. Ce mot, inconnu et mystérieux pour la plupart des gens, recèle comme le verrez bien des significations !

La révolution est un mode de vie

J’ai toujours eu un penchant révolutionnaire. D’abord intéressé à l’histoire et la politique, je me suis tourné vers la santé naturelle suite à mon premier séjour en Inde, motivé par le besoin de ressentir une influence positive immédiate suite à mes actions.

Alors que j’étais sévèrement malade dans l’Himalaya, un médecin traditionnel a identifié mes symptômes et leur cause d’une simple lecture du pouls, sans me questionner verbalement ; heureusement car ça nous était tout simplement impossible de communiquer.

Les produits recommandés ont fonctionné aussitôt, et la maladie a fait place à la curiosité pour cette médecine qui s’est avérée accessible et fascinante.

Depuis l’an 2000, j’ai séjourné trois ans en Inde, étudié l’herboristerie et la médecine naturelle, fait du service-conseil en boutique, ouvert le centre ayurvédique Espace Ayurvéda, publié des articles et des sites Internet (dont Ayurvéda Révolution), donné des consultations privées et enseigné à quelques centaines de personnes par année.

J’ai connu Francis Gendron et Solution Era dans un stage de permaculture, en quête de solutions pour les problèmes fondamentaux de notre planète : se vêtir, s’abriter, manger et se soigner de manière naturelle et autonome.

On s’est rapidement intéressé l’un à l’autre, notamment parce que nous avons une quête commune qui motive nos actions et relie nos domaines d’expertise réciproques : un désir d’autonomie, de liberté et de nature pour tous, un refus de céder à la médiocrité du système actuel alors que l’humanité est capable de beaucoup plus grand.

Parlant de santé et d’autonomie, je tiens à vous parler d’un outil qui m’est cher : l’ayurvéda. Ce terme sanskrit exotique nous provient de l’Inde et signifie simplement « science de la vie ».

Ayurveda ?

L’ayurvéda regroupe une panoplie de moyens thérapeutiques, fruit de millénaires de développement des pratiques naturopathiques, des postures de yoga aux chirurgies en passant par l’alimentation et les plantes médicinales sous toutes leurs formes.

Peu à peu, au fil des années passées en Inde et du temps passé avec mes mentors, lors de mes études, dans mon bureau de consultation et même dans les salles de classe, j’ai pris conscience de l’universalité et de l’efficacité des principes ayurvédiques.

On y trouve notamment des recettes élaborées et des protocoles admirables pour soigner avec brio des pathologies très sérieuses, ce qui nécessite beaucoup de recherche et d’expertise, demeurant l’apanage des spécialistes en la matière.

Ici je préfère insister sur des principes proposés en ayurvéda qui sont à la portée de tous : une sorte de logique qui organise les perceptions et explique les relations entre les différents aspects de notre vie. L’ayurvéda facilite une approche intégralement holistique qui tient compte des innombrables facteurs d’influence en les mettant tous en relation sur une échelle unique : les trois doshas.

Ces trois doshas, trois principes inhérents à la vie, sont :

  • le mouvement (vata)
  • la transformation (pitta)
  • la préservation (kapha)

Ces trois aspects de la vie sont présents à toutes les échelles, dans toutes les dimensions.

En effet, les phénomènes naturels comportent tous une forme ou un autre de mouvement, de vibration, de fréquence. La température, le potentiel énergétique et la réactivité chimique est également intrinsèque à la création alors que la cohésion, la stabilité et la constance concrétisent, assujettissent les vibrations et les énergies en une forme particulière.

Monument de Charaka, en Inde. Charaka est un des principaux contributeurs de l'Ayurveda.
Monument de Charaka, en Inde. Charaka est un des principaux contributeurs de l'Ayurveda.

Molécules et vibrations

Notre civilisation actuelle a atteint une connaissance quantitative qui se traduit par l’approche moléculaire, où l’on veille à consommer suffisamment de nutriments, où l’on quantifie les marqueurs chimiques pour évaluer l’état de santé : présence de fer, antioxydants versus les radicaux libres ou taux d’enzymes, par exemple.

Même dans ce domaine où l’on excelle, les modèles scientifiques ne peuvent calculer précisément les effets de l’introduction d’un ensemble de molécules « actives » dans l’organisme. Les ordinateurs actuels ne sont pas assez puissants et les connaissances scientifiques ne sont pas assez avancées pour utiliser efficacement des modèles polymoléculaires.

Nous sommes donc encore aux balbutiements de la science médicale et notre vision est limitée par la portée des observations scientifiques, les coûts astronomiques des recherches et analyses médicales et la complexité ahurissante des phénomènes biologiques.

La quête de connaissances scientifiques et d’observations sensorielles se poursuit, si bien que nos explorations nous portent au-delà des faits linéaires, vers une compréhension nouvelle des systèmes et de leurs interrelations. Nous passons de la science moléculaire à la science vibratoire et de la physique à la métaphysique appliquée.

C’est ici que les principes des trois doshas – mouvement, transformation et préservation – jouent un rôle crucial. Pour comprendre l’impact d’un facteur quelconque sur l’état d’un système – l’impact du gluten sur notre santé par exemple – on doit tenir compte de l’ensemble de facteurs en présence et évaluer la nature du sujet en question, que ce soit un individu ou tout autre écosystème.

Simplement dit et à titre d’exemple, l’ayurvéda prédit que l’équilibre de certains sera perturbé par les poivrons, la tomate, l’ananas, le blé ou le café alors que d’autres n’en feront pas d’histoire, le tout en fonction de la nature des individus et des circonstances du moment.

On devine cette nature, appelée prakriti en ayurvéda, d’après les caractéristiques physiques et mentales d’une personne. Elle nous renseigne sur nos forces et nos faiblesses, sur nos besoins et nos excès habituels, les déséquilibres que nous vivons.

À partir du profil d’une personne, on établit des « paramètres » de vie souples et dynamiques, qui varient en fonction de l’ensemble du système et des variables extérieures. Par exemple, notre réaction au café sera exacerbée si nous avons consommé d’autres stimulants et/ou si nous sommes une personne de tendance anxieuse, hypertendue.

Concrètement, cela se traduit par des recommandations alimentaires aussi efficaces que faciles à comprendre et à appliquer, telles que : favoriser des textures et des caractéristiques comme chaud, froid, sec, onctueux, léger, lourd, ou encore rechercher la saveur piquante, amère ou acidulée.

Comprendre et ressentir

L’ayurvéda traduit en fait les connaissances modernes en termes de sensations et de saveurs. Ainsi, l’effet alcalinisant du citron, pourtant très acide, est exprimé par le concept de saveur acide (amla rasa) et d’effet post-digestif doux (madhura vipaka).

Les plantes médicinales seront préférées non seulement pour leurs propriétés médicinales mais aussi selon leur aspect, texture, saveur, etc., lesquels reflètent leur chimie interne et leurs profils énergétiques.

Le mode de vie et les exercices seront aussi choisis dans la même foulée, de manière à dynamiser l’inertie (kapha), à modérer l’excessif (pitta) et à enraciner la dispersion (vata).

L’ayurvéda devient donc une boussole qui nous indique la direction de nos excès, ce qui nous permet de retrouver notre chemin vers l’équilibre.

Science de la vie

Une branche complète de l’ayurvéda appelée rasayana est consacrée à la régénération, à la longévité et à l’optimisation de la santé. Le bonheur, la vitalité, la libido et l’immunité sont diverses expressions de l’énergie vitale que l’on cherche à fortifier.

Dans les thérapies rasayana, on choisit des aliments à teneur nutritive élevée et l’on favorise les combinaisons alimentaires anaboliques en juste quantité comme les céréales et les légumineuses ou les fruits avec le lait de noix. Le feu digestif, que l’on entretien notamment avec les saveurs amères et piquantes, joue aussi un rôle capital pour assimiler ces constituants.

L’ayurvéda a raffiné des processus thérapeutiques de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, élaborant des protocoles de soins personnalisés pour retrouver la santé et se débarrasser des toxines accumulées. Je fais référence entre autres au panchakarma traditionnel qui se pratique encore de façon authentique dans certaines régions de l’Inde.

Pistes d'exploration

Une expérimentation personnelle est nécessaire pour éprouver soi-même l’efficacité des principes et des stratégies proposés en ayurvéda. On en tire alors des clefs simples et utiles à tous les niveaux, en toutes circonstances.

Non seulement l’ayurvéda propose des outils concrets, des recettes et des protocoles : on y découvre aussi comment mettre à profit les outils que l’on maîtrise déjà et qui sont à notre disposition.

Référez-vous aux articles suivants si vous souhaitez vous introduire aux principes de base :

L’ayurvéda et les trois doshas
Distinguer nature et état
Les 6 saveurs et l’alimentation

…ainsi qu’à ces vidéos éducatives

Expérimentez l’ayurvéda
Alimentation ayurvédique

Enfin, je suggère cet ouvrage d’introduction à l’ayurvéda…

Prakriti, votre constitution ayurvédique

Et la formation « AYU » disponible au centre Espace Ayurvéda à Montréal.

Sur ce, meilleurs souhaits de santé et de vitalité !

Jonathan Léger Raymond

Auteur de cet article : Jonathan Léger Raymond

Thérapeute et herboriste accrédité, Jonathan est co-fondateur du centre Espace Ayurvéda à Montréal et du site de référence Ayurvéda Revolution, consacré à la santé et l’autonomie par l’ayurvéda. Il se consacre entre autres à la transmission et à l’application de cette médecine de l’Inde, dans le but de rendre plus efficace et accessible la médecine naturelle d’aujourd’hui.

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