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Je suis arrivée très confiante pour la deuxième fin de semaine de formation. En me rinçant l’œil sur le plan de cours, j’ai eu quelques vertiges ! J’ai vu qu’on allait apprendre les bases d’un projet concret, et le planifier ! Alors que je ne connais encore absolument rien à la construction ! Et vous ?

On allait donc entrer dans le vif du sujet, mélange d’excitation et de crainte : un projet de construction, ça n’a rien de concret pour moi… Jusqu’à ce qu’on commence à parler, à réfléchir, à planifier. Qu’est-ce qui, au fond, est le plus important pour moi dans mon milieu de vie, dans ma maison ? Plus le temps avance, plus je prends conscience de l’environnement qui m’entoure. C’est difficile à expliquer… Partout autour de moi, il y a du plastique, de la poussière, de la fumée, des produits chimiques en quantité industrielle, alors que j’ai envie de vivre dans un milieu plus sain. Mais c’est quoi un milieu plus sain ? Et surtout, comment rendre nos maisons plus saines ? En fait, c’est exactement ce que j’ai appris et compris. Ça n’a aujourd’hui plus rien d’abstrait pour moi ! Voici donc un petit résumé, juste pour vous, des étapes de la conceptualisation, en passant par le choix des matériaux, jusqu’à la construction d’un projet de maison écologique.

 

Bien avant de construire, il faut planifier !

 

Tout d’abord, il faut avoir des idées, un minimum de connaissances, un budget réaliste et une bonne liste de solutions aux besoins essentiels. Il est possible de réaliser les plans de notre maison idéale par nous-même, sans être un professionnel. Cependant, il est important de s’entourer de quelques spécialistes afin d’éviter des erreurs. À l’étape de la conception, il faut essayer de tout prévoir. Ça, c’est une chose importante que j’ai notée en rouge : il coûte moins cher de changer un plan que de faire des modifications pendant la construction. Mon petit côté cheap a été interpellé. Plusieurs questions sont à se poser, et la première en est une de taille : la superficie ! Il est important de se ramener à ce dont on a réellement besoin pour vivre, considérant qu’il y a de nombreuses façons de maximiser les petits espaces. Les concepteurs de tiny houses ont bien compris l’idée : une maison plus petite sera toujours plus performante : c’est à ne jamais oublier! Une maison rectangulaire offre un plus grand espace pour le même nombre de pieds carrés. Faites-le test ! Oui, une maison ronde a son charme, mais le coût de réalisation est drôlement moins charmant.

Pour mesurer la performance des constructions écologiques, des certifications peuvent être obtenues. Deux principales : LEED (Leadership in Energy and Environnemental Design) et Novoclimat 2.0. Il s’agit de systèmes d’évaluation et de pointage sur différents critères identifiés : un beau défi ! Autre avantage à aller chercher cette marque de reconnaissance, l’accès à de l’aide financière et crédits d’impôts… Encore là, l’avare en moi se frotte les mains !

Après la conception, le choix d’aller vers une certification ou non, le financement de la maison par une banque – qui aura accepté votre projet farfelu –, il faut choisir l’emplacement pour cette belle infrastructure écologique ! Il faut penser au type de terrain, et aux modifications qu’on aura à y apporter : excavation, dynamitage, accès à l’eau, etc. Ça risque de rendre la facture plus salée… Il est à prévoir que les réglementations municipales et normes de construction pourront contrecarrer vos plans… Plus votre projet est extravagant (structure en pneus, serre solaire passive, orientation vers le sud et non vers la rue), plus vous devrez vous attendre à rencontrer des embûches et vivre quelques frustrations. Cependant, de plus en plus de pionniers sortent des sentiers battus pour s’offrir une maison écologique, et certaines municipalités sont très ouvertes et offrent même des crédits de taxes pour les maisons certifiées (un peu de frottage de mains encore).

Puis, vient la question qui tue… qui va construire ma maison ? Moi ou un entrepreneur ? Il y a aussi l’option des maisons préfabriquées qui peut être considérée. L’autoconstruction peut aussi être une bonne idée à première vue. Oui, on économise sur la main-d’œuvre, mais on n’économise pas du tout… en temps ! Il nous a été répété plusieurs fois durant la fin de semaine de se calculer un salaire et ne pas prendre la somme de travail à la légère. Attention également aux relations de couple qui peuvent en prendre aussi un grand coup…

Ensuite, quand on parle de choix des matériaux, il ne s’agit pas seulement du calcul de la toxicité des substances, mais également de l’empreinte écologique laissée par la production. Nous avons moins conscience de la quantité d’énergie nécessaire pour extraire les matières premières, transformer, assembler, transporter et installer les matériaux de construction. Encore moins de leur fin de vie : démolition, recyclage ou enfouissement. Toute cette énergie s’appelle l’énergie grise. Plus un matériau nécessite de l’énergie grise durant sa vie, moins son utilisation est intéressante d’un point de vue écologique. D’importantes avancées sont réalisées en matière de recyclage, par exemple : il existe maintenant de la laine isolante faite à partir de jeans recyclés.

J’ai également pu faire le comparatif entre les différents matériaux par rapport à leur consommation d’énergie grise, leur performance, leur coût ainsi que leur installation. Ce qui est important de retenir, c’est qu’il y a différents matériaux pour différents types de missions… Par exemple, la cellulose qui est un matériau écologique, peut être très bonne pour isoler un toit, mais moins pour isoler une dalle de béton. Nous avons terminé la fin de semaine en regardant les différents types de structures de maisons, les ossatures de murs, les matériaux de recouvrement de toits. Bref, nous avons fait le tour de la maison.

Après cette fin de semaine, je suis fatiguée. Ma tête est pleine d’informations, mais je suis heureuse. J’ai compris que mon rêve d’avoir ma maison faite pour moi est réalisable. Il y a d’autres personnes qui peuvent m’aider. Il y a des matériaux vraiment écologiques et sains qui existent. La prochaine fin de semaine de formation est dans un mois… et c’est beaucoup trop long!

Photo Emma

Auteur de cet article : Emma X

Emma est notre blogueuse mystère. Trentenaire gravitant en banlieue de Montréal, terreau fertile de centres d’achats, d’autoroutes et de grosses maisons cordées sur des petits terrains mal choisis, la voici dans une folle aventure sur la piste des solutions…

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