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Le 10 mai 2017 se tenait le premier Colloque de santé intégrative de l’Université de Montréal, organisé par la Faculté de l’éducation permanente (FEP). Plusieurs médecins y ont présenté des conférences tels que Suzanne Lebel, Jean Drouin, médecins de famille, Christian Boukaram et Stephen Sagar, radio-oncologues.

L’événement a connu un succès palpable : les 300 places disponibles se sont rapidement envolées, occupées en majorité par des infirmières, des médecins et autres professionnels de la santé. Une formation en santé intégrative est maintenant offerte à la FEP en vue d’offrir éventuellement un certificat en bonne et due forme. L’objectif est d’habiliter les professionnels de la santé à soutenir les personnes ayant recours aux approches de santé dites « complémentaires ».

L’approche en santé intégrative relie les dimensions physique, émotionnelle, psychologique et spirituelle, à la recherche d’un équilibre de vie unique à chaque personne. Elle préconise l’interdisciplinarité et la combinaison des soins de santé conventionnels et non conventionnels, selon les préférences et la culture propres à chaque bénéficiaire qui doit se trouver au centre de la démarche de guérison.

Les limites de la médecine conventionnelle

Étaient présents au colloque de santé intégrative : Jacqueline Lagacé, spécialiste en immunologie et en bactériologie aujourd’hui retraitée, Philippe Devienne, chef cuisinier et célèbre chasseur d’épices ayant eu un diagnostic de sclérose en plaques, ainsi que Rose Marie Tiklé, professionnelle de l’industrie pharmaceutique. Tous trois ont subis des maladies inflammatoires très douloureuses que la médecine conventionnelle n’a pu à traiter et ils ont retrouvé une vie normale grâce à une alimentation anti-inflammatoire stricte.

Diabète, cancer, migraines, côlon irritable, haute pression, arthrose et tant d’autres pathologies sont reconnues comme étant directement liées au mode de vie. D’autres pathologies explosent aujourd’hui dans les statistiques comme l’autisme, les allergies, les maladies neurodégénératives et le TDAH, fort probablement liées à l’environnement et/ou aux agents toxiques auxquels nous sommes exposés.

La médecine conventionnelle est prise au dépourvu devant ces maladies, souvent impuissante et se limitant à tenter d’endiguer les symptômes. Ainsi, la diversification des approches de santé et de nouvelles recherches axées sur la santé intégrative s’impose auprès des professionnels de la santé et de la population en général.

Un cadre administratif approprié est nécessaire

Santé holistique, santé intégrative, ce sont là des concepts très intéressants mais encore faut-il les mettre en pratique et les faire fonctionner au sein du système conventionnel de santé. Le sociologue médical Talcott Parsons analyse la relation thérapeutique comme « structurellement asymétrique en faveur du médecin ». Il attribue cette asymétrie au savoir « exclusif » du médecin ainsi qu’à l’état de stress du patient, déstabilisé et disposé à s’en remettre à une autorité médicale.

Au Québec, un médecin peut être réprimandé pour avoir soigné son patient avec des moyens non orthodoxes, même si la personne est guérie et satisfaite de sa situation. Ailleurs en Amérique du Nord, l’abrogation de la loi médicale permet aux médecins de prescrire et de
pratiquer des approches complémentaires en santé naturelle sans craindre des sanctions ou des poursuites pour le simple fait d’y avoir eu recours.

Par ailleurs, au niveau national, certaines organisations supportent le développement de la santé intégrative au Québec. Par exemple, l’Association canadienne de médecine intégrative (Canadian Integrative Medicine Association ou CIMA) promeut la santé intégrative et la décrit comme étant centrée sur les intérêts du patient et de nature holistique.

L’organisation cherche à créer un réseau de médecins pratiquant la santé intégrative ainsi qu’à supporter la recherche et l’éducation en matière de santé intégrative. On y envisage aussi bien des thérapies basées sur les données scientifiques que sur les expériences humaines (evidence-based et experience-based medicine).

La notion de client-partenaire

L’approche client-partenaire favorise un cadre théorique pour que les systèmes administratifs de la santé puissent s’adapter aux paradigmes de la santé intégrative. Cette vision réinvente la relation entre les personnes en quête de soins de santé, actuellement appelés des « patients » et les intervenants qui prodiguent ces soins, qu’il s’agisse de médecins ou de thérapeutes en tous genres.

Les « patients » deviennent des « clients » et les intervenants du domaine de la santé sont au service de son mieux-être. En ce moment, les « patients » sont assimilés à leur « pathologie » pour laquelle le médecin fait figure d’autorité suprême. Le focus doit plutôt être centré sur la personne en tant que client du système de santé et les intervenants deviennent alors des partenaires a priori égaux dans l’optique où ils servent le bien-être de cette personne. Ce concept transforme et élargit la relation binaire entre « patients/pathologies » et les médecins.

Des initiatives québécoises mettent déjà en application l’approche client-partenaire. Notamment, le Dr. Samuel Blain a fondé une équipe d’intervention en soins de proximité en 2014. Cette équipe réunit le réseau de santé officiel via le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec ainsi que les organismes communautaires « Le Havre » et « Point de Rue ».

L’équipe offre ainsi des soins multidisciplinaires aux personnes marginalisées dans une optique de démocratisation des soins, d’inclusion sociale et de santé globale. Les problématiques de santé mentale, de consommation et de criminalité sont alors adressées de pair avec les problèmes de santé physique, ce qui permet une meilleure complémentarité des expertises selon les besoins du « client ».

D’autre part, la Fondation Virage, présidée par le Dr. Jean-Pierre Guay radio-oncologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), propose déjà depuis 1986 une panoplie de soins complémentaires et d’activités à des patientes du service de cancérologie : art-thérapie, kinésiologie, nutrition, massothérapie et yoga thérapeutique.

Combattre les idées préconçues et le cynisme

Pour paraphraser le Dr. Jean Drouin, l’amour ne s’évalue pas scientifiquement, pourtant comment pouvons-nous nier son existence ? Ainsi, nous ne pouvons pas baser toutes nos interventions sur des techniques 100% prouvées scientifiquement. Aujourd’hui encore, comme par le passé, les civilisations se basent majoritairement sur l’expérience humaine pour diriger leurs pratiques.

Croire que tout ce que l’on doit connaître doit absolument être démontré scientifiquement revient à exagérer grandement ce que la science sait de la santé et de l’alimentation. Cela revient aussi à ignorer les limites des connaissances consensuelles établies par la science moderne.

Le fonctionnement même des médicaments reste souvent nébuleux et les résultats aléatoires malgré les recherches, ce qui est souvent omis des réflexions sur le sujet. Enfin, s’ajoute à cela la question du financement des études scientifiques qui dirige l’objet des études, sans compter la corruption endémique qui gangrène sérieusement l’intégrité de la médecine moderne.

Tout ceci mérite de faire l’objet de nombreux ouvrages et cela dépasse l’intention de cet article, néanmoins je vous invite à consulter l’article intitulé « Science, conscience et mauvaise foi, la santé est-elle prise en otage ? » qui résume quelques réflexions clés sur la science médicale et sa place dans notre société, tout en aiguillant les lecteurs vers des références solides sur le sujet.

Pour explorer les solutions possibles

Quelles sont vos propres expériences en matière de santé intégrative ? Avez-vous déjà consulté en nutrition, en ostéopathie, en médecine traditionnelle chinoise ou indienne, l’ayurvéda ? L’humanité regorge de sciences empiriques basées sur des expériences compilées au fil des siècles, voire parfois des millénaires. En combinant le meilleur de la médecine moderne conventionnelle avec le meilleur des médecines dites « naturelles », nous obtiendrons des résultats bien au-delà de ce que l’on croit possible.

Pour en savoir plus sur l’ayurvéda, médecine multimillénaire de l’Inde, consultez « l’ayurvéda à l’ère des solutions ».

Également, l’article « Les six sphères d’une santé optimale » vous renseignera davantage au sujet de la santé holistique et globale.

Auteur de cet article : Jonathan Léger Raymond

Thérapeute et herboriste accrédité, Jonathan est cofondateur du centre Espace Ayurvéda à Montréal et du site de référence Ayurvéda Revolution, consacré à la santé et l’autonomie par l’ayurvéda. Il se consacre à la transmission et à l’application de cette médecine de l’Inde, dans le but de la rendre plus efficace et accessible en tenant compte des réalités et besoins d’aujourd’hui.

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